Description de l’épisode
Ces dernières semaines, ces derniers jours, avec la crise iranienne qui dure, les prix de l’énergie continuent de monter, nos responsables politiques s’écharpent, avec les uns qui disent "il faut aider les ménages" et les autres qui répondent "c’est impossible, on n’a plus les moyens". Après le , après l’Ukraine, les caisses de l’État sont vides. Ces deux camps se trompent en réalité de débat. Le vrai débat est ailleurs, et il est quelque part plus inquiétant. Pour comprendre, petit voyage dans le temps. Dans les années 80, quand vous gériez votre budget, vous aviez ce que les économistes appellent une "marge d’arbitrage". Ça veut dire que quand le mois était difficile, on pouvait reporter une dépense. La machine à laver qui faiblit, on la fait tenir six mois de plus. Le canapé qu’on estime un petit peu fatigué, on attend l’année prochaine. Les vacances, on les prend, mais on reste en Belgique. La nouvelle voiture, on la décale. C’est ce qu’on appelle la consommation discrétionnaire. Pourquoi discrétionnaire ? Parce que vous avez le pouvoir de décider de reporter, voire de renoncer. Aujourd’hui, regardez tout ce qui sort automatiquement chaque mois. Le forfait téléphonique, l’Internet, Netflix, Spotify, Disney+, Amazon Prime, le cloud pour vos photos, sans doute ChatGPT ou Gemini, la salle de sport, le journal en ligne et, bien sûr, le loyer ou le crédit, l’électricité, le gaz, les assurances. Sur toutes ces dépenses, qu’est-ce que vous pouvez supprimer demain ? Honnêtement, presque rien. C’est ce que l’économiste Thibault Prébet décrit très très bien dans l’un de ses livres, et notamment "Démographie, la bombe tranquille". Nous sommes passés d’une économie où l’on pouvait arbitrer à une économie où tout est devenu un abonnement. Et un abonnement, par définition, vous ne le reportez pas. Pas de paiement, pas de service. Le compte est coupé, point barre. Voilà donc la révolution silencieuse, voilà la véritable bombe. Une part énorme du budget des ménages