Description de l’épisode
Le patron de Tinder a donné une interview dans laquelle il a passé son temps à défendre son appli vedette. Sauf qu'il a oublié de parler de la seule qui rapporte vraiment. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, vous raconte ce qu'il n'a pas dit. Et la leçon vaut pour votre entreprise. Dans une interview publiée dans L'Echo, Spencer Raskoff, le patron de Match Group — qui possède Tinder, l'application de rencontre —, consacre l'essentiel de l'entretien à défendre cette application. Il reconnaît qu'elle souffre d'une mauvaise image, que les jeunes s'en lassent, qu'il va la réinventer. Il évoque même une "fatigue du dating". En résumé, il défend sa vedette qui s'essouffle visiblement. Mais il y a un mot qu'il prononce à peine : Hinge. Hinge, c'est une autre application de rencontre. Elle appartient au même groupe que Tinder, presque personne n'en parle, et pourtant c'est elle qui fait vivre la maison : son chiffre d'affaires a grimpé de 28% en un an, alors que Tinder recule. Le patron défend la star déclinante, tandis que l'argent rentre grâce à celle dont on parle le moins. Pourquoi Hinge fonctionne-t-elle ? Parce qu'à l'inverse de Tinder, qui promet des choix sans fin, Hinge promet le contraire : vous trouver quelqu'un rapidement et vous laisser partir. Deux promesses radicalement opposées. Et aujourd'hui, c'est la seconde que la génération Z préfère. Voilà ce qu'on peut en retenir — et cela vaut pour n'importe quelle entreprise. Quand un produit vieillit, deux choix s'offrent. Le mauvais : repeindre la façade et croiser les doigts. Cela fonctionne rarement. Le bon : avoir préparé en silence le produit suivant, celui qui prend le relais quand la star fatigue. Match Group a fait ce bon choix. Sans bruit, le groupe a changé de moteur, et presque personne ne l'a remarqué. Spencer Raskoff va même plus loin : il ferme les petites applications qui stagnent et concentre ses ressources sur celles qui montent. Il fait le tri. Quant à Tinder, les nouvelles inscript