Description de l’épisode
Vous détestez peut-être Elon Musk. Mais votre fonds de pension, lui, vient d'acheter du SpaceX. Sans vous demander votre avis. C'est ce qu'explique Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique. Possédez-vous des actions SpaceX? Spontanément, vous répondrez probablement non. Et pourtant, il y a de fortes chances que vous déteniez un tout petit bout de la fusée d'Elon Musk, sans le savoir, sans même l'avoir choisi. Le 12 juin dernier, SpaceX a signé la plus grosse entrée en bourse de tous les temps. L'action a grimpé rapidement jusqu'à 225 dollars, avant de redescendre à son prix de départ. Mais ce mouvement spectaculaire a eu une conséquence discrète et massive : le jour où SpaceX a intégré les grandes listes d'actions mondiales, notre épargne s'est mise à en acheter, automatiquement, sans nous consulter. Notre pension, notre assurance groupe, notre plan d'épargne bancaire — une bonne partie de cet argent n'est pas simplement déposé sur un compte. Il est placé en bourse à travers des fonds. Et beaucoup de ces fonds sont des fonds dits "indiciels" : ils se contentent de reproduire une liste préétablie. La plus connue de ces listes, c'est le MSCI World, une sorte de classement des plus grandes entreprises mondiales. Ces fonds achètent donc tout le classement, dans l'ordre, sans distinction. Or, SpaceX vient d'y faire son entrée — en accéléré, et directement dans le top 10. Résultat : tous les fonds de ce type, partout sur la planète, ont été contraints d'acheter du SpaceX. Y compris ceux qui gèrent une partie de notre retraite, ici en Belgique. Il se passe pourtant quelque chose d'inhabituel. En temps normal, quand tout le monde est mécaniquement forcé d'acheter un titre, son prix monte. Mais cette fois, malgré tous ces achats obligatoires, l'action SpaceX a quand même chuté d'un tiers. C'est un très mauvais signal : quand un achat forcé ne suffit pas à soutenir un cours, c'est que la méfiance des marchés est profonde. SpaceX est une entreprise qui perd de l'argent —