Description de l’épisode
La plume la plus politique du rap francophone nous engage à tisser des « lianes solides » entre les mouvements « écologistes, féministes, anticapitalistes et panafricains », pour faire briller les énergies « cachées sous la brume des systèmes d’oppression ».« J’suis pas un ouf, je suis en colère. Vous êtes des oufs de ne pas l’être. » C’était fin mai, près des platines de Sims sur Nova : le retour époustouflant de la plume la mieux renseignée du rap francophone, vingt minutes de live avec Rocé « l’intrépide » - dont le flow posé navigua entre quelques-uns de ses titres exemplaires (On s’habitue, En apnée) et des tranches de son nouvel EP, Poings serrés, à paraître vendredi sur le label Hors Cadres. « Les MCs appellent punchlines ce que j’appelle écrire. ». Un tel échantillon de rimes « simples, intenses » rappela, si nécessaire, que le hip hop hexagonal peut évoquer autre chose que la virilité toxique de machos matamores, une bien pauvre obsession pour l’argent et la réussite individuelle, ou de pseudos exploits criminels.Sur le récent Cxpitxlistes, celui qui se nomme à l’état-civil José Youcef Lamine Kaminsky écrit par exemple : « J'aimerais transformer le malheur en fleur / pour voir qui ferme le poing sur les épines / Tout ce qui y est bon dans cette vie se fait descendre / Mais on ne fera pas du feu avec des cendres / Ils ont cassé humanité et jambes / de l'Afrique à la cordillère des Andes (…) On est mangé par du capitalisme, alors on meurt sur du capitalisme (…) Ce monde nous vend le dépassement de soi / Pas pour le sport mais pour un poste en stage / Comme ça tu t'exploiteras toi-même / Pas pour l'oseille mais pour pas être en marge. »Sur Tenir debout, ce « Russo-Algérien panafricain » né en 1977 à Bab-el-Oued, catapulté sept ans plus tard dans le 9-4, se demande : « On laissera quoi aux gosses à par