Description de l’épisode
Le baril de pétrole s’envole, les courbes de volatilité s'affolent, l’escalade entre les États-Unis et l’Iran fait trembler toutes les salles de marché du monde. Devinez qui explique le mieux cette situation ? Pas un économiste de Wall Street, ni un stratège du Pentagone mais un fabuliste du XVIIe siècle : Jean de La Fontaine. Sa fable "Les deux taureaux et une grenouille" raconte exactement ce que l’Europe est en train de vivre. Ecoutez bien la fable, c’est redoutable d’efficacité. Deux taureaux se livrent un combat sans merci pour un territoire. Loin de là, dans un marécage, une grenouille tremble de peur. Sa voisine lui dit : "mais pourquoi t’inquiéter ? Ce combat ne nous regarde pas et il est d’ailleurs lointain". La première grenouille répond "Détrompe-toi, le taureau vaincu sera chassé et viendra se cacher ici, dans nos marécages. Et ses gros sabots nous écraseront". Trois siècles plus tard, c’est exactement ce qui se joue. Les deux taureaux, vous les avez reconnus, d’un côté les États-Unis, de l’autre l’Iran. Le choc est violent, mais voilà l’injustice. Les Américains, eux, se battent à l’abri. Ils ont deux immenses océans qui les protègent. Ils produisent leur propre pétrole, leur propre gaz. Le taureau américain encaisse les coûts sans que son économie ne vacille. Nous, les Européens, nous sommes la grenouille. Aucun océan entre nous et le chaos. Ajoutez à ça une dépendance énergétique colossale, et quand le baril s’embrase là-bas, c’est notre pouvoir d’achat qui brûle ici. D’abord à la pompe, évidemment, mais ne vous arrêtez pas là. Le gaz suit le pétrole, et sans gaz bon marché, impossible de produire du verre ou du ciment, à un coût raisonnable du moins. Traduction concrète : les matériaux de construction deviennent hors de prix, les chantiers ralentissent ou s’arrêtent, et pour des milliers de familles, le rêve de devenir propriétaire de son logement recule encore d’un cran. Côté entreprises, même scénario : seules celles qui disposent de ce qu’o