Description de l’épisode
35 degrés à Uccle, le record datait de 1976, et on l’a battu trois jours d’affilée. Nous, devant la télé, on s’étonne, on se dit qu’il fait décidément très très chaud. Et ça, ça agace profondément Jean-Marc Jancovici, un ingénieur français, spécialiste des questions climatiques, et coqueluche des médias français. Son message, c’est une phrase : tout ça n’est pas une surprise. On sait depuis deux siècles que le CO2 réchauffe l’air, on a des modèles précis depuis 40 ans, donc ce qui arrive était écrit. Chez nous en Belgique, Jean-Pascal van Ypersele nous dit exactement la même chose. 50 degrés en Belgique, ce n’est plus une question de "si", c’est une question de quand. Derrière cet agacement, il y a une idée d’économiste très simple. Imaginez, une tuile se déplace sur votre toit. Vous la voyez, vous pouvez la réparer tout de suite pour 200 euros. Ou ne rien faire et attendre l’orage. Le jour où cet orage éclate, c’est 5000 euros de plafond trempé. Même problème mais pas le même prix, voilà toute l’économie du climat. Le pire coup, ce n’est jamais le coup dur. C’est le coup dur qu’on voyait venir et qu’on a laissé venir. On paye deux fois en dégâts. Et en panique. D’ailleurs, cette semaine, Doul 4 et Tihange 3 sont à l’arrêt pour lourds travaux. Donc, en pleine canicule, c’est le gaz qui prend le relais. Et le gaz, c’est l’électricité la plus chère. Or, sur le marché, attention, c’est la centrale la plus chère qui fixe le prix pour tout le monde. Donc, quand il fait chaud, on paye tous au tarif du gaz. Et pendant ce temps, la clim arrive chez nous. 3% des ménages en 2018, 10% en 2024 et davantage sans doute aujourd’hui. D’ailleurs, Elia l’a calculé : ces jours-là, refroidir peut peser jusqu’à 1000 mégawatts sur le réseau. Ce n’est donc plus un accident d’été, c’est une facture qui revient chaque année à la même date. Jean-Marc Jancovici a une belle image pour ça : le climat, dit-il, c’est de l’économie de guerre. Fabriquer un canon, ça ne crée rien, ni logement,