Chronique économique Télécharger l’app
Retour au podcast

Pourquoi les Émirats demandent-ils des dollars aux États-Unis ?

4 min 39 s

Chronique économique Pourquoi les Émirats demandent-ils des dollars aux États-Unis ? Prêt à écouter
0:00 4 min 39 s

Description de l’épisode

Imaginez un homme qui a 285 milliards de dollars sur son compte en banque. Et qui, un beau matin, frappe à la porte de son banquier pour demander un prêt. Bizarre, non ? C'est pourtant exactement ce que viennent de faire les Émirats arabes unis auprès de la banque centrale américaine. Pourquoi un pays aussi riche a-t-il besoin d'aide ? Réponse avec Amid Faljaoui, éditorialiste en chef du magazine économique Trends Tendances. Avec la guerre en Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz, le robinet à dollars des Émirats arabes unis s'est brutalement tari. Le mécanisme est simple : le pétrole exporté par Abu Dhabi se paie en dollars. Mais avec le détroit fermé, plus aucun tanker ne sort, donc plus aucun dollar ne rentre. Pendant ce temps, les Émirats continuent de dépenser des dollars quotidiennement pour importer leur nourriture, leurs voitures, faire fonctionner leurs banques ou défendre leur monnaie nationale, le dirham. C'est là que réside le nœud du problème. Le dirham est arrimé au dollar depuis 1997 à un taux fixe de 3,67. Pour maintenir ce taux de change, la Banque centrale des Émirats doit disposer en permanence de dollars. D'où leur demande de "swap" : un échange où la banque centrale américaine prête des dollars aux Émirats, qui mettent des dirhams en garantie. Chacun récupère ensuite son bien. Il ne s'agit pas d'un cadeau, mais d'une bouée de sauvetage préventive. Officiellement, un cessez-le-feu a été signé entre les États-Unis et l'Iran le 17 avril, mais celui-ci reste très fragile. Les Émiratis anticipent donc le pire scénario : une guerre qui s'éternise, des spéculateurs qui parient contre le dirham et des capitaux qui fuient le pays. Dans cette optique, le swap constitue une assurance préventive. Mais les Américains n'ont accordé ce privilège qu'à cinq alliés : la zone euro, le Japon, le Royaume-Uni, le Canada et la Suisse. Étendre ce privilège à un pays du Golfe représente une révolution monétaire. Selon le Wall Street Journal, les Émirats auraient p