Description de l’épisode
Hier je vous parlais de Fabien Pinckaers, le patron d’Odoo, un des entrepreneurs les plus connus du pays : il a poussé un sacré coup de gueule à cause d’une proposition du parti des Engagés, à savoir taxer les gros patrimoines financiers au-delà de 500.000 euros. Vous imaginez le débat, de plus en plus fort depuis quelques jours… D’un côté, ceux qui ne comprennent pas qu’un homme aussi riche refuse de payer. De l’autre, ceux qui le défendent. Et, pour eux, cette richesse est virtuelle. Ce sont des actions, pas du cash. Bref, on taxerait une fortune qu’il n’a même pas dans sa poche. Ce cas de Fabien Pinckaers résume à lui seul tout le piège belge. Le premier enseignement : chez nous, augmenter les impôts, c’est presque impossible. Parce que tout le monde dit non. Les salariés vous disent "on est déjà trop taxés ". Et ils ont raison. Les indépendants vous disent "ce n’est pas possible, on prend déjà tous les risques". C’est vrai aussi. Les entreprises que le coût du travail est déjà trop lourd. Elles ont raison aussi. Que disent les pensionnés ? On a cotisé toute notre vie, ce n’est pas possible. Chaque parti politique dit d’accord pour une taxe, ou une nouvelle taxe, mais pas sur mon électorat. Le deuxième enseignement : certains répondent, c’est simple, réduisons le train de vie de l’État. Sur le papier, c’est logique comme raisonnement mais, dans la vraie vie, c’est très difficile parce que, dès qu’on demande quoi couper, le consensus s’effondre. Faut-il couper les pensions ? Les soins de santé ? Trop sensible ! Faut-il couper les subsides aux entreprises ? Trop sensible. Puis chacun son lobby. N’oubliez pas que derrière chaque niche fiscale, il y a un chien qui aboie. La différence est là. Une taxe, on peut la présenter comme visant les autres. Mais une coupe budgétaire, elle finit toujours par toucher quelqu’un de très concret. Certains diront mais il y a encore une troisième piste : rendre l’État beaucoup plus efficace qu’il ne l’est aujourd’hui. Moins de