Description de l’épisode
« L’idée m’excitait. Je m’y engageai. Car j’aimais la musique, la nuit, les machines, la solitude, les femmes. » C’est ainsi qu’Anne F. Garréta résume sa décision d’apprendre la pratique de DJ, ou « disquaire » comme elle préfère dire, dans son nouveau livre intitulé DJ. Portrait de l’artiste en animale nocturne que publie le Mercure de France.L’autrice de Sphinx, paru au milieu des années 1980 quand elle avait seulement 23 ans, revient sur ses années noctambules, lorsqu’elle faisait danser les nuits de Paris, notamment dans une boîte lesbienne, le Katmandou, en assumant vouloir poser un regard inédit sur cet univers alors que « la littérature qui traite des musiques électroniques et dansantes raboute des informations de nième main sur des sources aussi peu fiables que biaisées par l’hégémonie culturelle américaine ».Cette passionnée des modes d’emploi livre ici un récit à la fois technique et personnel sur un métier et une époque, en creusant dans ses souvenirs, et en proposant des parallèles entre la façon d’écrire, celle de danser, et celle de tenir une « piste » afin d’éviter qu’elle ne se vide subitement en réalisant ainsi le cauchemar du ou de la disquaire.« Le romancier, le mathématicien mettent bout à bout des choses triviales. C’est l’enchaînement qui ne l’est pas. Il en va de même de la disquaire à ses platines enchaînant des trivialités », explique la narratrice pour qui « n’importe qui peut, en enchaînant dans n’importe quel ordre, une série de tubes, surtout les plus vulgaires, faire danser, par intermittence, un groupe quelconque de gens moyennement ingambes. »Pour elle, « les mauvais DJ se fantasment en dictateurs, en gourous ou en prêtre. (…) Une bonne disquaire is an attentive lover. Ou un gigolo de sang-froid. Le DJ médiocre suppose connu et identifié le désir des corps en face de lui. Erreur