Description de l’épisode
Faire bouillir l’eau, la farine, le sucre, prendre son pinceau, tracer, feuille par feuille, les lettres de la mémoire, de la dénonciation, de l’adelphité, de la colère. Au micro de Lauren Bastide, les colleur·euse·s vous embarquent une nuit à leurs côtés pour explorer les dessous de ce geste qui brandit à la vue de tou·te·s des messages féministes, hautement politiques et militants, comme autant de poings levés. Tay Calenda, photographe accompagnant les colleur·euse·s depuis les tout débuts du mouvement témoigne de ces expéditions (08:08) et de l’importance d’en conserver les traces, tandis que les collages disparaissent, arrachés ou détruits par la pluie. Lily, fondatrice du groupe Collages afroféministes à Marseille, parle de l’importance de la diversité nécessaire de ces messages mais aussi de la stratégie inhérente aux lieux choisis pour coller (16:37). L’action en elle-même est importante : coller, c’est déjà se réapproprier l’espace, comme l’explique Chloé Madesta (23:59) pour qui la ville, synonyme de peur, est devenue un lieu de puissance. Un lieu qui peut rendre hommage également, comme ce fut le cas avec le mémorial créé par les colleur·euse·s de Paris dans la rue Bouvier pour commémorer les victimes de féminicides et les travailleur·euse·s du e assassiné·e·s durant la première année d’existence du mouvement (26:00). Un moment fort, comme souvent le sont ces expéditions nocturnes, créant une connexion et une entraide parmi les militant·e·s (28:30). Si cette forme d’action a été initiée par une personne au positionnement marginal et décrié (33:53), déconstruit ici par la chercheuse Karine Espineira (39:25), les colleur·euse·s se sont largement emparé·e·s de l’outil pour faire passer des messages intersectionnels sur tous les murs de France. Même le confinement n’a pas pu éteindre leur élan et Émilie Dupas raconte le passage au virtuel (50:47) pour que jamais l’action ne s’arrête. Elle ne s’arrête d’ailleurs pas non plus aux frontières, et Illana Weiz