Description de l’épisode
Le médicament anti-obésité qui fait perdre des kilos par dizaines, la Belgique vient de refuser de le rembourser. Et le ministre de la Santé a sorti tout un arsenal d'arguments médicaux et humanistes pour le justifier. Très joli sur le papier. Sauf que notre chroniqueur économique Amid Faljaoui a regardé de plus près. Et derrière la belle leçon de médecine, il a trouvé une tout autre histoire. Une histoire de gros sous qu'on préfère ne pas nommer. Frank Vandenbroucke, ministre de la Santé, vient donc de refuser de rembourser le Wegovy, ce médicament anti-obésité du laboratoire danois Novo Nordisk qui coupe l'appétit et fait perdre énormément de poids avec une injection hebdomadaire. Mais ce qui frappe, c'est la manière dont il a justifié ce refus. Pour motiver sa décision, il avance plusieurs arguments : les incertitudes médicales qui persistent, la reprise de poids à l'arrêt du traitement, et la nécessité d'entourer le patient d'une équipe pluridisciplinaire avec diététiciens, psychologues et kinésithérapeutes. Le problème, c'est que ce raisonnement ne résiste pas à l'examen. Si on le reprend point par point, en commençant par la reprise de poids à l'arrêt, cela constituerait plutôt un argument pour accepter le remboursement dans la durée. L'obésité est une maladie chronique, et une maladie chronique se soigne au long cours. Deuxième élément troublant : la Belgique rembourse déjà l'Ozempic et le Mounjaro pour le diabète, des molécules cousines. Le souci n'est donc pas la molécule elle-même, mais son utilisation contre l'obésité. Et c'est là que les fameuses incertitudes refont surface. La véritable raison du refus ? Rembourser le Wegovy pour tous les Belges concernés coûterait des milliards d'euros. Un Belge sur deux est en surpoids et près d'un sur six souffre d'obésité. Rembourser largement ferait exploser le budget de la sécurité sociale. Le choix du ministre Vandenbroucke se défend, mais pourquoi ne pas le dire simplement ? Dire "on n'a pas les moyens" serai