Description de l’épisode
Un jury vient de condamner Meta et Google pour avoir rendu une jeune américaine dépendante à Instagram et à YouTube. Dépression, anxiété, idées suicidaires, et tout ça a commencé dès l'enfance. Le verdict : 6 millions de dollars de dommages et intérêts compensatoires et punitifs. 6 millions, c'est une goutte d'eau pour des entreprises qui valent des milliers et des milliers de milliards. Mais l'essentiel, il n'est pas là, il est ailleurs. Par 10 voix sur 12, le jury américain a retenu une responsabilité particulièrement lourde. Et ça, ça ouvre la porte à des sanctions bien plus importantes. Autrement dit, les 6 millions, c'est juste l'apéritif. Pourquoi est-ce que ce verdict peut tout changer? Parce que jusqu'ici, les réseaux sociaux étaient protégés par la loi américaine, si je puis dire. Quelqu'un poste un contenu nocif sur leur plateforme, ce n'est pas notre problème, répondaient ces entreprises. La loi était plutôt de leur côté. Cette fois, les avocats ont été beaucoup plus malins. Ils n'ont pas attaqué le contenu. Ils ont attaqué le produit lui-même. Quand vous ouvrez Instagram, le scroll est infini. Il n'y a jamais de fin de page. Votre cerveau ne reçoit jamais le signal "c'est fini, tu peux t'arrêter". Non, les vidéos se lancent toutes seules, les unes après les autres. Les likes déclenchent une petite dose de dopamine comme une machine à sous qui clignote. Les filtres transforment le visage des adolescentes au point qu'elles ne se reconnaissent plus dans le miroir. Tout ça, ce n'est pas un bug, c'est le cahier des charges de ces sociétés, c'est de l'ingénierie de la dépendance, c'est volontaire, ce sont nos menottes psychologiques invisibles. C'est exactement ça que le jury a sanctionné. Pas un poste, pas une vidéo, pas un commentaire, mais le produit, exactement comme on condamne une cigarette pour la nicotine qu'elle contient. Alors la suite? La suite, on la voit venir. Des milliers de familles ont déjà porté plainte. Plus d'un millier de district