Description de l’épisode
On a tendance à regarder, à scruter la Silicon Valley, mais beaucoup d'innovations qui débarquent dans nos vies passent d'abord par la Corée du Sud. C'est en quelque sorte notre laboratoire avancé. C'est pour ça que je veux vous parler aujourd'hui d'une histoire qui se passe à Séoul. Parce que demain, dans deux ans, dans cinq ans, elle se passera peut-être chez nous. Cette histoire, c'est celle de Toss, une fintech qui équivaut à une sorte de Revolut, version super app. Plus de 30 millions d'utilisateurs, presque 60% du pays. Toss vient de lancer un service appelé FacePay. Le principe est simple : vous entrez dans un café, vous commandez, vous regardez l'écran à la caisse, et hop, c'est payé. Pas de carte, pas de smartphone, juste votre visage. D'où le nom FacePay. Aujourd'hui, il y a des centaines de milliers de commerces qui sont déjà équipés en Corée du Sud ou en cours d'équipement. L'objectif est clair : faire disparaître peu à peu la carte bancaire du geste quotidien. Certains trouveront ça magnifique sur le papier. Pourtant, écoutez deux choses avant de rêver, si je puis dire. Premièrement, la Chine a déjà essayé le paiement par le visage. En 2017, Alibaba a lancé un produit très très proche, Smile to Pay. Donc vous souriez à la caisse et vous payiez. Mais l'adoption s'est heurtée à une méfiance profonde puisqu'une enquête chinoise a montré qu'une très large majorité des Chinois s'inquiétaient de la sécurité de leurs données biométriques. La Chine, qui n'est pas exactement reconnue pour son obsession de la vie privée, a quand même vu apparaître une résistance. Deuxièmement, et c'est vraiment l'argument à retenir, votre visage, vous ne pouvez pas le changer. Si on vous vole votre code de carte, la banque vous envoie un nouveau dans la semaine. Mais si une base contenant votre visage est piratée, vous gardez votre visage à vie. Ce n'est pas du tout théorique. En 2015, par exemple, l'administration américaine a perdu 5,6 millions d'empreintes digitales dans