Chronique économique Télécharger l’app
Retour au podcast

Le retour de la 2CV en version électrique : un aveu de dépendance pour l'Europe ?

4 min 24 s

Chronique économique Le retour de la 2CV en version électrique : un aveu de dépendance pour l'Europe ? Prêt à écouter
0:00 4 min 24 s

Description de l’épisode

La mythique 2-2, comme on l’appelait à l’époque, c’est-à-dire la 2 chevaux, pourrait bien renaître. Pas exactement la 2 CV de nos grands-parents mais, tout de même, une petite Citroën électrique inspirée de cette icône automobile. La maison mère Stellantis prépare pour 2028 une génération de citadines électriques fabriquées en Europe, avec un objectif choc : un prix tournant autour de 15.000 euros. Est-ce une belle histoire de nostalgie qui va revenir là ? En apparence seulement : derrière ce retour de la voiture populaire, il y a surtout un aveu de faiblesse de l’industrie européenne. Je m’explique. A la fin des années 2010, les constructeurs européens avaient abandonné peu à peu les petites voitures abordables comme la Citroën C1 ou la Peugeot 108. Parce que les normes de sécurité et de dépollution rendaient ces modèles de moins en moins rentables : sur une petite auto vendue à bas prix, chaque équipement supplémentaire coûte cher. Donc les marques automobiles ont préféré fabriquer plus gros et surtout des SUV, beaucoup plus rémunérateurs, évidemment. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Le marché des voitures neuves à moins de 15.000 euros s’est presque vidé. Dans ce désert, évidemment, les constructeurs chinois ont vu une autoroute avec des électriques simples, bien équipées et très agressives sur les prix. Et aujourd’hui ? Aujourd’hui, l’Europe automobile tente de revenir sur le terrain qu’elle avait déserté. Renault a ressorti la R5, Fiat mise sur sa Panda et Citroën pourrait jouer la carte plus émotionnelle : une descendante spirituelle de la 2 chevaux. Mais comment fabriquer en Europe une petite électrique populaire, sans perdre de l’argent ? La réponse n’est pas totalement officielle, mais elle est tout de même lisible quand on regarde les communiqués de presse. Pour tenir ce prix, Stellantis pourrait devoir s’appuyer sur son partenaire chinois, Lipmotor, ou au moins sur une partie de son écosystème technologique (plateforme, composant, batterie).