Description de l’épisode
La guerre est de retour entre l'Iran et les États-Unis. Des missiles volent au-dessus du détroit d'Ormuz, par où passe un baril de pétrole sur cinq. Normalement, à cet instant précis, votre plein d'essence devrait s'envoler. Eh bien non. Le baril ne bouge pas trop. Pourquoi une guerre dans le Golfe ne fait-elle plus flamber le pétrole ? La réponse va vous surprendre. Et pour une fois, elle est plutôt bonne pour votre portefeuille. Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique, vous explique ce paradoxe. En théorie, la reprise des hostilités entre l'Iran et les États-Unis représente le scénario catastrophe qui fait exploser le prix de l'essence. Pourtant, cette semaine, le baril est resté quasi stable, aux alentours de 78 dollars. Une guerre dans le Golfe, et le pétrole qui refuse de flamber : comment est-ce possible ? Trois raisons expliquent cette situation. D'abord, les marchés sont convaincus que le conflit ne durera pas — et c'est avant tout un calcul politique. Un pétrole cher, c'est de l'essence chère, donc de l'inflation. Or Donald Trump joue sa majorité aux élections de mi-mandat le 3 novembre prochain. Il ne peut pas se permettre de laisser flamber les prix à la pompe juste avant un scrutin. Les investisseurs en déduisent qu'il va rapidement calmer le jeu — il a d'ailleurs promis cette semaine que les prix allaient baisser. Deuxième raison : les grands acheteurs avaient anticipé. La Chine, premier importateur mondial, a constitué ses réserves lorsque les prix montaient, rallumé ses centrales à charbon, et surtout, elle roule de plus en plus à l'électrique. Résultat : elle a besoin de moins de pétrole qu'auparavant. La demande mondiale commence d'ailleurs à plafonner. Troisième raison — et c'est la plus importante — le monde ne manque pas de pétrole. Au contraire, il en a beaucoup trop. De nouveaux puits sortent de terre, notamment en Amérique latine, le nouvel Eldorado du secteur. À cela s'ajoute la dislocation de l'OPEP, accélérée par le départ des Émirats