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La France a perdu l’Afrique à force de renoncements, déplore le géopolitologue Pascal Lorot

12 min 35 s

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Description de l’épisode

Dans cet épisode de L'invité de la matinale, David Abiker reçoit Pascal Lorot, président de l'Institut Choiseul et spécialiste de géopolitique, pour discuter de son ouvrage "Adieu l'Afrique, histoire d'une rupture fatale" aux éditions Fayard. Ensemble, ils reviennent sur l'événement marquant de l'été : l'afflux de dizaines de milliers de migrants, principalement marocains mais aussi d'autres nationalités africaines, tentant d'entrer dans l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc. Pascal Lorot analyse cet épisode comme un avant-goût de ce que l'Europe pourrait connaître dans les années à venir face à la réalité démographique du continent africain. D'ici 2100, entre 40 et 50% de la population mondiale vivra en Afrique, ce qui laisse présager d'importants flux migratoires vers l'Europe, principal "déversoir naturel" pour cette population.Mais au-delà de cette question migratoire, l'invité de David Abiker dresse un constat plus large sur les relations entre la France et l'Afrique. Selon lui, la France a "lâché" l'Afrique, renonçant progressivement à ses intérêts économiques, politiques et culturels sur le continent. Pascal Lorot pointe du doigt le manque de stratégie et de vision de la France, toujours prisonnière d'un certain paternalisme post-colonial, face à la montée en puissance d'autres acteurs comme la Chine, la Turquie ou la Russie qui proposent de nouveaux modèles de partenariat aux pays africains.Pour inverser cette tendance, Pascal Leroux plaide pour un "vrai partenariat d'égal à égal" avec l'Afrique, basé sur le développement économique, l'industrialisation et le renforcement des mobilités régionales, plutôt que sur une politique de "repentance" et de "culpabilisation" qui ne correspond pas aux attentes des Africains. Il met également en avant l'importance de lutter contre la corruption, frein majeur à l'établissement de relations économiques équilibrées.Au fil de l'entretien, l'expert nuance le t