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Fusillades à Anderlecht : le plan de Bruxelles ne suffit pas

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Chronique économique Fusillades à Anderlecht : le plan de Bruxelles ne suffit pas Prêt à écouter
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Description de l’épisode

Quarante policiers, vingt caméras, des couvre-feux. Face aux fusillades à Anderlecht, Bruxelles a sorti son plan mercredi soir. Le seul problème, c'est qu'un prix Nobel d'économie nous dit pourquoi ce plan n'impressionnera personne. En tout cas pas les narcotrafiquants. On écoute les explications de notre chroniqueur économique Amid Faljaoui. Vendredi soir, un homme cagoulé tirait une douzaine de balles sur un commissariat d'Anderlecht avant de repartir en trottinette électrique. Ce mercredi soir, les autorités bruxelloises ont répondu avec trois chiffres : 40 policiers fédéraux en renfort, 20 caméras mobiles et des couvre-feux possibles dans les quartiers chauds. Pour mesurer ce que valent réellement ces annonces, il suffit de les passer au crible, comme on le ferait pour une entreprise en difficulté. Commençons par les 40 policiers. La police bruxelloise fonctionne aujourd'hui avec environ 6.800 agents pour un cadre théorique de 7.600. Ces 40 renforts comblent donc à peine 5% du déficit. Les 20 caméras mobiles, ensuite : Bruxelles en compte déjà 450, raccordées au réseau national de lecture automatique de plaques. Le problème n'a jamais été le nombre de caméras, mais leur mise en réseau. Le projet régional censé permettre aux six zones de police d'échanger leurs images de vidéosurveillance n'a jamais pleinement abouti, pour diverses raisons techniques. Quant aux couvre-feux, ils ciblent les quartiers sensibles — là où, précisément, les fusillades ne se produisent plus vraiment, puisqu'elles sont en train de migrer vers d'autres zones. Trois mesures qui, au fond, ne coûtent presque rien à ceux qui les annoncent. Et pendant ce temps, le trafic, lui, continue de fonctionner comme une véritable entreprise. C'est là qu'intervient l'éclairage du prix Nobel d'économie Gary Becker : le délinquant effectue un calcul rationnel, celui du gain espéré face au risque d'être arrêté. Sur un point de deal, les marges sont considérables et les guetteurs se remplacent en une jour