Chronique économique Télécharger l’app
Retour au podcast

Faux experts, vraies arnaques : le business de la peur financière

4 min 35 s

Chronique économique Faux experts, vraies arnaques : le business de la peur financière Prêt à écouter
0:00 4 min 35 s

Description de l’épisode

Sur YouTube, ils vous annoncent la fin du monde financier. Ils mélangent des faits, des rumeurs et des complots. Et à la fin, surprise, ils ont un rapport financier gratuit à vous vendre. Dans sa chronique, Amid Faljaoui démonte la mécanique de ceux qui transforment votre angoisse en business. L'industrie de la peur financière ne connaît pas la crise et prospère. Vous les avez sans doute aussi croisés sur YouTube ou sur les réseaux sociaux : des gens très sérieux, avec des cartes militaires en arrière-plan et un ton grave. Au début, c'est plutôt convaincant. Ils vous parlent par exemple d'une séance de bourse étrangement plate, 6 heures de stagnation avec à peine 0,2% d'amplitude. Ils vous disent que cette absence de volatilité de la bourse est une sorte de "camisole algorithmique" avec comme sous-entendu que des institutions financières auraient été mandatées pour écraser la volatilité. Ça sonne bien mais c'est absurde car la séance en question, c'est celle du jeudi 2 avril, veille directe du "Good Friday", c'est-à-dire le jour où les bourses américaines sont fermées : ça ne s'appelle pas une camisole algorithmique, ça s'appelle juste une veille de jour férié. Bref, la séance la plus banale de l'année. La mécanique ne s'arrête pas là. Les mêmes experts enchaînent faits réels et rumeurs spectaculaires. 30 avions F-35 auraient été pulvérisés. "Rumeurs non confirmées", dit-il, et dans la phrase suivante, on raisonne comme si c'était un fait acquis. La pièce logique, elle est redoutable. Si les marchés baissent, le chroniqueur avait raison. Et s'ils sont stables, c'est qu'ils sont manipulés. Donc c'est encore pire. La thèse est infalsifiable. Ce n'est plus de l'analyse, c'est de la voyance en costume-cravate. Vient ensuite la culpabilisation : "nous ne sommes pas prêts pour ce qui arrive". Suivie aussitôt évidemment de la phrase de réconfort : "mais ne vous en voulez pas, il y a encore des gens moins préparés que vous". C'est très habile, vous et le chroniqueur en