Description de l’épisode
Mercredi prochain, Donald Trump posera les pieds à Pékin pour son grand sommet avec Xi Jinping. Il va arriver dans la capitale chinoise avec, dans ses bagages, un bilan qu'aucun de ses conseillers n'avait osé prédire : sa guerre contre l'Iran a renforcé la Chine. Elle mérite qu'on s'y arrête parce qu'elle bouscule à peu près tout ce qu'on nous a raconté ces derniers mois. Reprenons depuis le début. En février dernier, quand les États-Unis et Israël frappent l'Iran, le récit, en tout cas officieux, à Washington, est limpide. La cible réelle, ce n'est pas Téhéran, c'est Pékin. Pourquoi? Pour faire flamber le pétrole, que la Chine importe massivement par le détroit d'Ormuz, et étrangler ainsi l'économie chinoise. Du Trump grand stratège, joueur d'échecs en quatre dimensions, comme aiment d'ailleurs à le présenter ses partisans. Plusieurs mois plus tard, regardons les faits : la Chine a encaissé le choc. Elle avait des stocks. Elle a régulé les prix. Et son économie a tenu. Mieux encore: la Chine a transformé la crise en opportunité. Avec un pétrole cher et volatile, le monde entier accélère sa transition vers les énergies vertes. Et qui fabrique les panneaux solaires, les batteries, les éoliennes? La Chine, qui contrôle plus de 70% de la production mondiale. Les exportations chinoises de technologies propres explosent. Donc Trump a, sans le vouloir, doublé le chiffre d'affaires des usines de Shenzhen. Mais il y a plus subtil encore. À force de fâcher ses alliés à coup de droits de douane, le président américain a rendu Xi Jinping fréquentable. Depuis le Liberation Day d'avril 2025, c'est-à-dire le jour où il a imposé ses droits de douane, la popularité mondiale de la Chine dépasse celle des États-Unis. C'est du jamais vu. Et Pékin en profite. En mars dernier, le premier ministre chinois, Li Keqiang, réunissait les patrons du monde entier pour leur vanter la fiabilité chinoise. Pékin en havre de stabilité face à un Washington imprévisible, on aura tout vu. Et pui