Description de l’épisode
Imaginez : vous êtes invité chez votre cousin, et pendant le repas, votre frère annonce devant tout le monde qu'il quitte la famille. C'est exactement ce qui s'est passé mardi 28 avril, à Djeddah, en Arabie saoudite. Les Émirats arabes unis ont quitté l'OPEP, en plein sommet du Golfe. Amid Faljaoui, éditorialiste en chef du magazine Trends Tendances nous décrypte ce divorce qui va changer le prix de l'essence, et redessiner le Moyen-Orient. L'OPEP, cette organisation qui rassemble depuis 1960 les grands pays producteurs de pétrole, a pour mission de contrôler la quantité de pétrole extraite du sol. Le principe est simple : moins il y a de pétrole sur le marché, plus les prix augmentent. C'est donc cette organisation qui influence directement le prix que nous payons à la pompe. Ce mardi soir, les Émirats arabes unis, troisième producteur de ce club, ont annoncé qu'ils quittaient l'OPEP dès ce vendredi 1er mai. Mais pourquoi cette rupture soudaine ? Le premier piège à éviter, c'est de croire que tout vient de la guerre en Iran. La vraie raison ne vient pas de là, elle vient du Texas. Depuis 15 ans, les Américains se sont mis à produire massivement leur propre pétrole, le pétrole de schiste, en allant le chercher dans la roche. Ils achètent moins de pétrole en provenance du Moyen-Orient. L'OPEP perd donc des clients et du pouvoir. À l'intérieur de l’OPEP, il y a deux stratégies qui s'affrontent. La stratégie du prix, défendue par l'Arabie saoudite : produire moins pour maintenir le baril à 100 dollars. Riyad en a besoin pour équilibrer son budget. Et puis il y a la stratégie du volume, défendue par les Emiratis qui veulent vendre un maximum tant que le pétrole vaut encore quelque chose. Parce que bientôt, avec la voiture électrique, plus personne n'en voudra de ce pétrole. Il vaut donc mieux monétiser maintenant, surtout quand votre économie est diversifiée, comme c'est le cas des Émirats arabes unis. Mais il y a aussi la mémoire qui explique ce qui se passe aujou