Description de l’épisode
Vous avez, vous aussi, votre détroit d'Ormuz. Dans votre entreprise. Et même chez vous à la maison. Ce point unique dont tout dépend, et dont vous ne vous méfiez jamais. Vous pensez que cette histoire d'Ormuz ne parle que de pétrole ? Détrompez-vous. Cette crise révèle une vérité bien plus large sur nos fragilités cachées. Amid Faljaoui vous explique pourquoi nous avons tous notre "passage obligé" et comment l'identifier avant qu'il ne se referme. La véritable leçon à tirer du blocage du détroit d'Ormuz nous concerne tous bien au-delà du prix de l'essence. Pendant 30 ans, on nous a expliqué que l'économie était devenue immatérielle, mais la réalité est à l'opposé. Le cloud, le virtuel, ce sont des hangars sans fenêtres remplis de milliers de serveurs qui avalent l'électricité d'une ville entière, qui sont refroidis par des quantités d'eau considérables et qui sont reliés entre eux par des câbles posés au fond des océans. Derrière la chose la plus immatérielle qui soit, par exemple un email, il y a toujours quelque chose de très physique. De l'électricité, des métaux, du cuivre, des terres rares, arrachés au sol quelque part et chargés sur des navires qui passent par des ports, par des canaux et des détroits. L'économie numérique n'est pas immatérielle. Elle repose sur un squelette physique très concret : des routes, des ports, des câbles, des bateaux. Et un squelette, ça a des points fragiles. Cette loi de fragilité dépasse le pétrole et les diplomates. Elle vaut pour chacun de nous. Nous avons tous notre détroit d'Ormuz. Dans l'entreprise d'abord : l'entreprise qui fait 60% de son chiffre d'affaires avec un seul client a un détroit d'Ormuz. Le sous-traitant suspendu à un seul fournisseur a un détroit d'Ormuz. Dans nos vies privées, c'est pareil. Le ménage qui tient sur un seul revenu, l'épargne logée au même endroit, la santé d'un seul parent qui fait tenir toute une famille : ce sont autant de détroits d'Ormuz intimes qu'on ne regarde jamais, justement parce q