Description de l’épisode
"Ouvert à tous ou fermé à tous ". C'est une phrase courte. Presque évidente. Et pourtant, si Donald Trump l'avait appliquée ce matin, au détroit d'Ormuz, il aurait pu avoir le monde entier de son côté : la Chine, l'Europe, les pays du Golfe. Il ne l'a pas fait. Et maintenant il se retrouve seul, avec une guerre qui coûte de plus en plus cher, et un baril de pétrole qui vient de repasser les 100 dollars. Amid Faljaoui notre chroniqueur économique vous en dit plus. Il y a des phrases qui semblent anodines et qui sont parfois en réalité de véritables bombes comme celle prononcée par l'ancien diplomate américain Richard Haass : "Le détroit d'Hormuz doit être ouvert à tous ou fermé à tous." Depuis ce lundi matin, la marine américaine contrôle l'entrée et la sortie du détroit. Tout navire passé par un port iranien peut donc être saisi. Washington appelle ça un "blocus" mais en économie on parle de nationalisation forcée d'une route maritime internationale. Le détroit d'Ormuz n'appartient plus à tout le monde mais à qui appartient-il désormais ? Depuis mars, Téhéran ferme, perçoit des droits de passage et fait monter les enchères et le monde entier a crié fort justement au scandale. Aujourd'hui, Washington fait exactement pareil, avec d'autres objectifs mais la même mécanique : fermer, contrôler, décider qui passe. Qui paye la facture ? La Chine qui importe 1,6 million de barils iraniens par jour, soit 15% de toute sa consommation pétrolière. Et le brut livré à Pékin tourne déjà aujourd'hui autour de 130 à 140 dollars le baril. Trump espère que cette facture forcera la Chine à pousser l'Iran à négocier. C'est stratégiquement cohérent mais 191 millions de barils iraniens sont déjà en ce moment sur des tankers en pleine mer. Selon les experts, les effets réels ne se feront sentir à Pékin que dans deux à trois mois. La Chine a le temps. Et pendant ces deux à trois mois, ce sont les marchés qui paniquent, les assureurs maritimes qui font exploser leurs primes et les prix q