Description de l’épisode
Lundi, Donald Trump se proclame gardien du détroit d'Ormuz et impose un péage à tous les bateaux qui passent. Mardi, il annule tout. Vingt-quatre heures, pas plus. Et pendant qu'il fait et défait, une question se pose : qu'est-ce qui nous attend, nous ? Le gaz qu'on ne stocke pas cet été, on va le payer plein pot cet hiver. La chronique éco d'Amid Faljaoui explique comment notre facture de chauffage de janvier se joue cette semaine, en plein mois de juillet. Il y a un mois, Washington et Téhéran signaient 60 jours de trêve. L'objectif : déminer le détroit d'Ormuz et faire repartir les bateaux sans droit de passage. Mais rien de ce qui avait été promis n'a eu lieu. Au lieu du déminage, des frappes. Au lieu d'un trafic qui repart, l'Iran qui referme le détroit jusqu'à nouvel ordre. Au lieu d'un péage supprimé, un péage inventé par Trump lundi et retiré dès le mardi. Voilà avec quel sérieux se pilote aujourd'hui le prix mondial de l'énergie. Les marchés, eux, ne bluffent pas. Le baril de Brent est repassé au-dessus de 85 dollars. Le gaz européen a bondi de 8% en une seule séance. Et c'est là que la situation nous concerne directement, en Belgique. En temps normal, l'été est la saison où l'Europe profite de prix plus calmes pour remplir ses réserves de gaz — des stocks qui seront ensuite consommés tout au long de l'hiver. Sauf que cette année, ça coince. Le Qatar, l'un de nos principaux fournisseurs, a stoppé ses livraisons ce week-end. Résultat : les réserves se remplissent beaucoup trop lentement. On répète partout que l'Iran tient le robinet. À court terme, c'est exact. Mais ce levier perd de sa valeur à chaque usage. En fermant Ormuz, l'Iran étrangle d'abord sa propre économie. Et pendant que Téhéran serre le poing, le reste du monde s'organise : l'Arabie saoudite réoriente son brut par la mer Rouge, les navires longent davantage la côte d'Oman, l'Asie réduit sa consommation. Chaque semaine de fermeture apprend un peu plus au monde à se passer du détroit d'Ormuz.