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Comment le champion américain de l'IA s'est fait piéger par sa propre publicité

3 min 45 s

Chronique économique Comment le champion américain de l'IA s'est fait piéger par sa propre publicité Prêt à écouter
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Description de l’épisode

La société américaine Anthropic a passé des mois et des mois à répéter que son intelligence artificielle était trop dangereuse pour le monde entier. Vendredi soir, Donald Trump l’a prise au mot. Le gouvernement américain a interdit l’accès aux modèles les plus puissants d’Anthropic à tout ce qui n’est pas américain de nationalité. Les clients européens, les entreprises étrangères et même les ingénieurs non-américains de la maison. Motif officiel : sécurité nationale. Le plus ironique, c’est celui qui a allumé la mèche. Ce n’est pas un concurrent, c’est Amazon, l’un des premiers actionnaires d’Anthropic, qui a injecté des milliards dans la boîte. Et ses propres chercheurs ont testé le dernier modèle et ont réussi à lui faire cracher des informations utilisables pour des cyberattaques. Exactement ce qu’Anthropic jurait avoir rendu impossible. Un coup de fil au Trésor américain plus tard, et la machine s’est emballée. C’est une véritable leçon de stratégie pour n’importe quel dirigeant. Pendant des années, Dario Amodei, le patron d’Anthropic, a construit toute sa marque sur un seul message : notre intelligence artificielle est si puissante qu’elle est en quelque sorte une menace. Il faut donc la réguler, peut-être même la ralentir. Ce discours, c’était un actif. Il impressionnait les investisseurs, il justifiait des valorisations absolument vertigineuses, il transformait Anthropic en bon élève éthique de la Silicon Valley. La peur, effectivement, ça se vend très très bien. Sauf qu’un récit n’est jamais neutre. Le jour où votre propre gouvernement vous prend en sérieux, l’actif se transforme en passif. La peur que vous vendiez devient l’arme qu’on retourne contre vous. Et là, le timing est cruel. Parce qu’Anthropic prépare son entrée en bourse. Elle est valorisée à plus de 1000 milliards de dollars. Ce n’est pas n’importe quoi. D’un côté, il faut convaincre les marchés que tout roule très bien. De l’autre, on vient de la couper d’une partie de la planète : les clien