Description de l’épisode
durée : 00:58:56 - Capucine et Simon Johannin et Joseph Ponthus : se libérer par le style - par : Christophe ONO DIT BIOT - Cette semaine, place à l'électricité de la jeunesse, aux oiseaux de nuits et aux poètes des usines, on pourrait permuter d'ailleurs, place aux oiseaux des usines et aux poètes de la nuit ! Nous sommes avec trois écrivains en train d'éclore et de se révéler, ils ont la rage et le ciel dans le cour, ils nous emmènent respirer le parfum des bulots et lécher le macadam, affronter la violence sociale et la précarité de l'existence par tous les moyens possibles, dont la littérature qui est peut-être le plus immersif des véhicules. Trois écrivains, mais deux romans puisque l'un d'eux a été écrit. à deux ! Bienvenue à Capucine et Simon Johannin, et à Joseph Ponthus ! * Danser pour se sauver la vie. A quatre mains comme on dit, Capucine et Simon Johannin publient « Nino dans la nuit » (Allia). Un livre jeune et fort qui nous fait entendre la complainte, au sens de chanson, chanson de geste, même, d'un François Villon du XXIe s siècle, un François Villon qui prendrait des trucs pour ne pas devenir dingue, et qui danserait comme un fou dans la nuit, et qui vivrait dans un appartement au plancher crevé en regardant de l'autre côté du périph Paris, « cette grande crevarde ». Un François Villon du XXIe siècle qui ferait des petits boulots, qui serait amoureux fou d'une fille qui vient de Turquie et qui s'appellerait Lale, et dont on suivrait les aventures dans une ville hostile qui ne devient vivable que quand les lumières du jour s'éteignent et que la nuit en allume d'autres. « Nino dans la nuit » est une déambulation underground racontée dans une langue âpre et énergique qui nous donne des coups de poing, une langue dont les héros sont des laissés pour compte très contemporains dont le lot est peut-être celui de toute une jeunesse qui essaie d'oublier ses souffrances hélas banales mais bien réelles, et insupportables - manque d'argent, difficultés à trouve