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Boucle du Hainaut : l'enfouissement de la ligne à haute tension, impossible ou trop cher ?

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Description de l’épisode

Imaginez des pylônes hauts comme un immeuble de vingt étages, sur quatre-vingts kilomètres. C'est la Boucle du Hainaut, une ligne électrique géante. On vous dit qu'il faut la valider, vite. Patrons, syndicats, écologistes : tous sont d'accord. Et c'est bien ça qui doit nous rendre méfiants — ou au moins prudents — comme l'explique notre chroniqueur économique Amid Faljaoui. Depuis six ans, la Wallonie débat d'un même projet que peu de gens connaissent vraiment. La Boucle du Hainaut, c'est une grande ligne électrique à haute tension d'environ 80 kilomètres, reliant Avelgem en Flandre à Courcelles, près de Charleroi. Ses pylônes atteignent 60 mètres de hauteur, soit l'équivalent d'un immeuble de vingt étages. L'objectif est d'acheminer en Wallonie l'électricité produite par les éoliennes de la mer du Nord, et de renforcer un réseau électrique régional qui arrive à saturation. Elia, le gestionnaire des lignes à haute tension, a d'ailleurs déjà lancé l'alerte : sans cette infrastructure, il ne sera bientôt plus possible de raccorder de nouvelles entreprises au réseau. Mais une ligne à haute tension doit bien passer quelque part. Et celle-ci traverse des villages, modifie des paysages. Les communes concernées et une association de riverains s'y opposent depuis six ans, réclamant un tracé enterré plutôt qu'aérien. Cette semaine, un coup de pression inhabituel s'est produit : des représentants patronaux, des syndicats et une organisation environnementale ont signé ensemble un communiqué adressé au ministre wallon François Decken. Leur message est limpide : arrêtez de tergiverser, décidez à la rentrée. Sur le fond, ces signataires n'ont pas tort. Six ans, c'est long, et il faut bien trancher à un moment. Mais trancher bien. Deux éléments méritent qu'on s'y arrête. D'abord, les chiffres brandis dans ce communiqué — des centaines de millions d'euros perdus, 900 projets d'investissement bloqués — émanent d'Elia elle-même, l'entreprise chargée de construire la ligne. Il conv