Description de l’épisode
Frère castor, raconte-nous une histoire Baptiste Morizot a pisté des bisons ou des grizzlys, des élans ou des corbeaux, couché dans des buissons du Wyoming ou du Vercors, au fil d’une première décennie d’enquêtes « diplomatiques » réalisées les genoux dans la boue, hors des sentiers battus, pour créer de nouveaux concepts bientôt débattus. Plus calmement, il a aussi étudié la sociologie des lombrics dans sa cuisine. « Aujourd'hui, dit-il, nos relations aux autres êtres vivants sont toxiques, pour eux et pour nous. La question est donc de réapprendre à faire attention, à brancher sa sensibilité sur les pollinisateurs, la faune des sols, les forêts… » Attention, attention. En 2020, le succès de Manières d’être vivant le rendit connu comme le loup blanc auprès dans les sphères militantes de gauche. Dans son « recueil de novellas philosophiques », ce talentueux passeur multipistes veut « contourner en sifflotant les dualismes entre science et fiction, poésie et exactitude, pour forger une sorte d’alliage incandescent : les sens les plus aiguisés, le corps le plus mobilisé, l’imagination la plus sauvage, les raisonnements les plus serrés. » En postface, son ami romancier Alain Damasio encense son goût du terrain. « C’est un philosophe embarqué et situé. Hautement concret. L’inverse d’un parleur perché. » Toujours « sur le qui-vive », Baptiste Morizot retrace dans ce deuxième épisode quelques scènes fondatrices de son désir animé de « cosmopolitesse » inter-espèces, dans laquelle nous, primates humains, pourrions peut-être, à force d’exercices empathiques, « en changeant de pratique, changer de métaphysique ». L’auteur du mois : Baptiste Morizot Né en 1983 à Draguignan (Var), Baptiste Morizot est philosophe et maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille. De pelage brun, de taille moyenne, cet homo sapiens a choisi de quitter son biotope de bibl