Description de l’épisode
Et si la course au chatbot, ces robots conversationnels comme ChatGPT, à qui vous pouvez poser n'importe quelle question, nous avait empêché de guérir le cancer? C'est ce qui circule sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. On attribue cette phrase à Demis Hassabis, le patron de Google DeepMind et prix Nobel de chimie. Un Nobel qui parle et qui dit ça, ça impressionne, sauf que ce n'est pas exactement ce qu'il a dit. Dans une interview publiée le 7 avril dernier, Hassabis a effectivement exprimé un regret : il aurait préféré que l'intelligence artificielle reste plus longtemps dans les laboratoires, qu'on fasse davantage de projets, par exemple comme AlphaFold, un programme qui a réussi à comprendre la forme de 200 millions de protéines. C'est important parce que pour fabriquer un médicament, il faut d'abord comprendre comment une protéine est construite. AlphaFold a fourni ce plan pour la quasi-totalité des protéines connues. 3 millions de chercheurs dans le monde s'en servent désormais tous les jours. Mais de là à dire qu'on aurait guéri le cancer sans ChatGPT, il y a un fossé. Un fossé que seuls les réseaux sociaux peuvent franchir en une phrase ou en une vidéo de 60 secondes. Parce que le vrai sujet, c'est un bête problème économique. Aujourd'hui, un ingénieur de haut niveau en intelligence artificielle peut gagner entre 500 000 et 1 million de dollars par an pour améliorer un assistant conversationnel comme ChatGPT. Et le même ingénieur, s'il choisit de travailler dans un laboratoire pharmaceutique, gagnera 3 à 4 fois moins. Effectivement, les meilleurs cerveaux vont là où l'argent est, et ça, c'est un véritable problème. Mais, attention, c'est là que le raisonnement simpliste s'effondre. Cette course aux assistants virtuels a rapporté énormément d'argent aux géants de la tech. Et cet argent va en partie dans la recherche médicale. Demis Hassabis, lui-même, a créé une filiale qui utilise l'intelligence artificielle pour inventer de nouveaux médicam