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À Moscou, une importante communauté afghane, sans perspective de retour

3 min 48 s

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Description de l’épisode

Ils vivent en Russie depuis le début des années 90 et la chute du régime communiste, qui a suivi le départ des troupes soviétiques d’Afghanistan. Les Afghans de Moscou n’imaginaient pas que 20 ans plus tard, leur pays serait toujours en guerre et que leurs enfants parleraient plus facilement dans la langue de Pouchkine, qu’en pachto ou en farsi. « J’habitais en Afghanistan, j’ai étudié à l’école la langue française ». Très fier de se rappeler quelques mots de français, Khafisolla nous accueille dans sa petite boutique, derrière un comptoir chargé de colliers multicolores. Nous sommes au huitième étage d’un ancien hôtel soviétique transformé en centre commercial. D’étage en étage, dans les anciennes chambres d’hôtel, on peut trouver des vêtements bon marché, des jouets en plastique fabriqués en Chine, des produits cosmétiques ou des bijoux de pacotille. Ici la plupart des commerçants sont des exilés afghans, qui ont fui leur pays au début des années 90. C'est ce que raconte Khafisolla : « Je travaillais dans un ministère et quand les Moujahidines ont pris Kaboul, ils s’en sont pris à tous ceux qui travaillaient pour le gouvernement. Nos vies étaient en danger, ils pouvaient nous tuer à tout moment. Alors je suis venu ici, en Russie, et j’y vis encore aujourd’hui ». Les Afghans de Moscou ont très souvent la même histoire à raconter. Les détails changent, mais la trame est similaire. Le retrait des troupes soviétiques en 1989, puis la chute du régime communiste, et la fuite à l’étranger. Plusieurs centaines de milliers d’entre eux choisissent alors la Russie comme terre d’accueil, comme l'explique Goulam Mohammad, directeur du Centre de la diaspora afghane en Russie. « Après la chute de Mohammad Najibullah en 1991, pratiquement tous ceux qui étaient au pouvoir, ou proches du pouvoir, sont arrivés ici. Il y avait des ministres, des journalistes, des universitaires et leurs familles... Et le seul pays qui était notre ami à l’époque, c’était l’URSS. Nous pensions q