Description de l’épisode
Slate Podcasts vous propose de (re)découvrir le podcast À corps perdusDans ce cinquième épisode d'À corps perdus, Lola Bertet et Lola Rudrauf s'intéressent au modèle type de la ballerine.Il repose sur une logique de fétichisation du corps des danseuses, vu avant tout comme un objet uel et dont les différentes parties sont objets de fantasme.Tout commence dans l'enfance: les danseuses sont exhortées à faire attention à «ce qui ne va pas» chez elles, à se détailler dans le miroir pour trouver un nouveau défaut à corriger. Les jambes, par exemple, doivent suivre une courbure en forme de cou de cygne, et les pieds dessiner une cambrure censée aider à monter sur les pointes. Un cou-de-pied jugé essentiel pour devenir danseuse étoile. Si une jeune fille ne «l'a pas», on lui demande de le «travailler».Les méthodes sont violentes, Marion, chorégraphe de 40 ans, raconte comment des «douleurs très fortes dans les chevilles» sont apparues après les avoir forcé à se cambrer tous les jours quand elle était adolescente: «Comme mes pieds ne fonctionnent plus aussi bien qu'avant, je n'arrive plus à danser […]. Je deviens peu à peu une élève médiocre.»Inès, 25 ans, raconte également comme la souffrance est «valorisée», voire «romantisée» dans le monde de la danse. Héloïse, ancienne danseuse de l'Opéra national de Paris, évoque, elle, les douleurs presque quotidiennes, ainsi que les «os cassés, les entorses» avec lesquels s'obligent parfois à performer les ballerines. On entend également Florent Cheymol, ancien danseur devenu psychologue, Florian Gaité, critique artistique et chercheur en philosophie de l'art, Ilse Ghekiere